Twitter, le tout à l’égout de Titiou

20 10 2009

Je suis tombé récemment, hier soir pour être précis, sur un billet de Titiou Lecoq publié chez Slate.fr : Twitter, le tout à l’égo. D’ordinaire, j’aime bien ce qu’elle écrit. Mais là non.

J’aurais bien aimé posté un commentaire sur Slate. Mais pour le faire, il faut d’abord s’enregistrer et attendre qu’un gentil modérateur valide votre inscription. C’est le genre de frein qui ne me donne plus du tout envie d’utiliser le service.

Je poste donc mon commentaire sur mon blog, na !😉

Ça va faire un peu liste, mais c’est parce que je reprends les points qui m’ont hérissé le poil.

Et alors ?

“[Les journalistes] oublient que l’énorme majorité des internautes, et donc de ceux qui les lisent, ne l’utilisent pas.”

C’est loin d’être un argument suffisant pour déverser toute sa bile : les 3/4 des habitants de notre planète n’ont pas accès à Internet. Cela empêche-t-il le reste du monde d’avoir son nom au coin de chaque discussion ?

“[Selon une étude de mai 2009] 10% des utilisateurs de Twitter génèrent 90% du contenu”

Le fameux chiffre ! Combien d’internautes générent-ils du contenu ? Combien de personnes, à qui on a appris à écrire, rédigent des livres ?

C’est une évidence que la majorité des consommateurs ne génère aucun contenu.

“quel est l’intérêt de Twitter pour des gens qui ne peuvent pas tweeter en exclusivité une baisse du taux directeur de la FED?”

Twitter est juste un outil de plus pour communiquer comme il en existe tant d’autres. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas d’exclusivité ou d’information transcendante à raconter qu’on doit la fermer. Si c’était le cas, il faudrait supprimer 90% des billets dans les forums et des commentaires en bas des billets de chaque blog. Que dire des téléphones portables et des SMS chers aux adolescents ?

Si Titiou considère qu’Internet doit être réservé à ceux qui ont quelque chose d’intéressant à dire, c’est qu’elle n’a rien compris.

Un titre pour vous laisser respirer…

“L’info en temps réel qui fascine tant les journalistes n’est pas une drogue universelle.”

L’énorme majorité des internautes n’est pas journaliste…

“Sauf que, à terme, ces [informations de proximité] pourraient tout aussi bien exister sur Facebook, à travers les «feeds»”

Elles pourraient tout aussi bien exister sur un site web statique des années 90. L’expérience utilisateur n’est pas la même. Sur Twitter on aurait l’information et uniquement l’information. Sur FaceBook on aurait une photo, dix lignes de texte ou d’autres fioritures. Une page FaceBook est autrement plus chargée qu’une liste de tweets.

Par contre, l’utilisation de Twitter pour les cas que Titiou mentionne est une très bonne idée.

“Ils font donc à votre place une partie du travail de surveillance de ce qui se passe sur Internet. Mais là encore, il s’agit d’une fonctionnalité qui n’intéresse que les spécialistes

C’est déjà ce qui se passait avec les blogs. Les a-t-on condamnés pour ça ?

Le web doit-il être une collection de sites intéressant uniquement la majorité des utilisateurs ? Non, c’est justement tout son intérêt que de pouvoir laisser une place à une information ou des outils spécialisés qui n’auraient jamais pu exister sinon.

“Soyons clairs: le twitter français c’est le plus grand concours de bites jamais organisé dans notre pays. Un genre d’olympiade du phallus.”

Plutôt sexiste, mais bon, passons…

Je conçois que Titiou n’ait pas eu une bonne expérience de Twitter. Mais il existe des tas de personnes prêtes à cracher leur venin sur une mauvaise expérience de blog, FaceBook, Internet, Google, Microsoft, NetVibes…

La pauvre a probablement fait de mauvaises rencontres. Pour ma part, je n’ai pas eu cette impression.

On voit le bout !

“si les filles sont très suivies, elles seraient beaucoup moins retweetées que les hommes”

Et alors ? Il faut être retweeté ? Tout le monde devrait avoir la même utilisation de Twitter ?

J’aime bien avoir un lien par tweet. D’autres aiment bien raconter ce qu’ils sont en train de faire. D’autres encore en profitent pour poser une question ou poster une photo. Chacun son utilisation.

“en France, les [clashs] deviennent un moyen d’affirmer sa puissance virile, quitte à dire des choses pas totalement justes”

Il y a des tas de journalistes qui nous pondent des choses pas totalement justes pour cause de limites de signes (voire de ligne éditoriale). À l’instar de Twitter, le journaliste est-il condamné à disparaître ?

Ma conclusion

Dans le cas de Titiou et de sa position vis-à-vis de Twitter, j’ai l’impression qu’on lui a tellement monté le bourrichon qu’elle sur-réagit et perd une bonne part de son objectivité et de sa capacité d’analyse qui devraient pourtant la caractériser en tant que journaliste (en tout cas, c’est ce que dit sa bio sur Slate).

Les personnes qui produisent du contenu sur Twitter sont souvent bloggeuses et l’utilise comme un outil supplémentaire pour dire des choses qui auraient créé des billets beaucoup trop court (exemple du lien vers un site intéressant).

Il n’y a pas que Twitter dans la vie. C’est un outil qui comble un manque, ce n’est pas une finalité.


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