Au comptoir : nouveau modèle économique

23 05 2009

Avec la loi hADOPI, on a vu s’affronter les pros et les contres. Des 2 côtés, la questions qui revient souvent est de savoir comment financer la création, qu’elle soit artistique ou intellectuelle (dans le sens de ce qui ne relève pas de l’artistique).

Le coude sur le comptoir, après 3 calvas, 1 suze, j’étais remonté : j’avais trouvé la solution.

Bon, rien de bien follichon, quand même !

Ça sent même le vieux refrain. Le problème du financement de la création n’est pas tant que les internautes ne paient pas, mais que les artistes ne soient pas payés.

Schéma classique

Dans le schéma classique, c’est l’industrie qui empoche le gros du pactole. L’artiste étant réduit au rang de simple producteur, ils ne touchent que les subsides.

Schéma classique

Schéma classique

Le schéma, aussi simpliste soit-il, laisse clairement à voir qu’il n’est pas optimal pour l’artiste. Il est en plus lourdingue pour le consommateur qui doit supporter une grosse quantité de publicité et les conséquences des différents lobbies.

Que vient donc faire l’industrie dans l’histoire ? Je vois avant tout une raison historique. Les moyens de communication n’ont pas toujours été ce qu’ils sont aujourd’hui. Et il en fallait quand on voulait toucher une large population :

  • production (maison de production, agents…),
  • publicité :
    • visuelle (graphistes, agences…),
    • radiophonique (acteurs, rédacteurs…),
    • cinématographique, télévisuelle (acteurs, scénaristes, réalisateurs, camera-men…),
    • goodies (designers…)
  • pressage (disques, cassettes, DVD…), impression (livres) etc. des supports accueillant les œuvres,
  • logistique :
    • transporteurs (sociétés, conducteurs…),
    • sociétés spécialisées dans les achats groupées,
  • réseau de distribution :
    • enseignes spécialisés (disquaires, libraires, …)
    • enseignes culturelles (Fnac, Virgin…),
    • enseignes généralistes (Carrefour, Auchan…).

La liste est loin d’être exhaustive.

En y regardant de plus près, j’arrive aux conclusions suivantes :

  • si le pressage, la logistique et le réseau de distribution existent, c’est avant tout (voir note) parce que les œuvres doivent se retrouver sur un support pour que chacun puisse l’avoir chez soi,
  • la mise que doit mettre chaque personne pour obtenir (la copie d’) une œuvre ne peut pas descendre en dessous d’un seuil (à définir) car le système a besoin d’un minimum juste pour fonctionner.

Note : il y a quelques années, le réseau de distribution pouvait apporter une valeur ajoutée sous forme de conseil (certes intéressé) au consommateur. Aujourd’hui, Internet permet de se faire un avis ou de demander conseil très facilement.

Rétribution des artistes

Pastille je sponsorise !

Pastille je sponsorise !

La rétribution des artistes en tête, je me suis dit : les petites rivières font les grands fleuves, il faudrait pouvoir donner de très petites sommes (quelques centimes d’euros) mais très souvent.

Quels sont les freins à ce fonctionnement ?

  • frein du système bancaire : Paypal propose déjà de pouvoir donner de petites sommes mais chaque transaction coûte 0,25 € + 3,4% du montant dans ce cas. Il faut alors être au-dessus de 50 centimes pour que cela vaille le coup et qu’on ne fasse pas qu’enrichir un intermédiaire.
  • frein technologique : ce n’est pas tant un problème technologique qu’un problème d’absence de technologie sur ce type de paiement.
  • frein psychologique des artistes : il faut arriver à les convaincre de l’efficacité de ce modèle,
  • frein psychologique de l’internaute : le système doit être ultra simple et rapide pour pouvoir être adopté en masse, clé de son succès. On peut imaginer une pastille comme celle présentée ici.

Ce système génère beaucoup de petites transactions. Ce n’est pas en soit un problème. On peut imaginer un fonctionnement qui enregistre les offres de sponsoring, demande à la fin de chaque mois à l’utilisateur s’il valide son mécénat pour le mois et hop ! on envoie tout ça dans le circuit bancaire.

On peut aussi imaginer une petite cagnotte de quelques euros qu’on peut utiliser quand bon nous semble.

Le risque de ce système ? Que les artistes ne reçoivent que des clopinettes. Remarquons que ça ne changerait pas beaucoup d’aujourd’hui. Ça aurait au moins le mérite de limiter le cholestérol des dirigeants de l’industrie😉


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